L'écrin à bijoux de la culture et du Luxe

Buccellati sera toujours inspiré

Fondé en 1919, Buccellati est célèbre pour ses bijoux inspirés en particulier de la Renaissance et pour avoir appliqué les techniques de l’orfèvrerie à la joaillerie, notamment en travaillant l’or comme de la dentelle.

C’est l’un des joailliers les plus sophistiqués au monde. L’un des plus désirables aussi…. Déjà, en 1922, le poète Gabriele D’Annunzio avait mesuré le potentiel de séduction de ces bijoux baroques dont les premiers furent créés en 1919 à Milan par Mario Buccellati : « Mon cher Buccellati, vous savez très bien que, moi, pauvre pécheur, je ne résiste jamais à la tentation. » Quelques décennies plus tard, c’est au tour de Gina Lollobrigida de succomber aux charmes de l’orfèvre. Des collages photographiques de l’actrice accrochés dans l’entreprise en témoignent. Telle une Vénus botticellienne, elle jaillit d’un flot d’écume d’or, chevauche des nuées de papillons à la panse en perle baroque, se balance sur des collerettes en tulle de métal précieux.

Si cette société indépendante occupe toujours une place à part dans l’univers formaté de la joaillerie contemporaine, c’est sans doute parce qu’elle a su rester fidèle au style d’inspiration Renaissance du fondateur. Et conserver un véritable savoir-faire artisanal. Avec une production oscillant entre 3 000 et 5 000 bijoux par an, l’Italien est connu pour avoir appliqué les techniques de l’orfèvrerie à la joaillerie.

Pas de fabrication en série, toutes les pièces sont réalisées à la main dans une cinquantaine d’ateliers qui travaillent en exclusivité pour la maison.

Inutile de chercher des machines sophistiquées ou autres appareils de découpe à l’emporte-pièce au laser. Dans les ateliers milanais de Buccellati, qui accueillent une quinzaine de graveurs, orfèvres, sertisseurs ou polisseurs, les outils sont des burins plutôt vintage, posés sur des morceaux de cuir et des établis au style délicieusement rétro. A part un écran d’ordinateur avec la fonction loupe pour grossir son travail au moment du sertissage, tout est fait à l’ancienne par la main de l’homme, selon des techniques héritées de la Renaissance. Chaque pièce est polie deux fois à l’aide d’un fil de coton poissé, avant d’être gravée et sertie de pierres précieuses. Chez Buccellati, l’or est tellement gravé, ciselé, repoussé et travaillé qu’il n’est jamais luisant…

Mais voilà : Milan, 1 août 2017 (AFP) – Le groupe chinois Gansu Gangtai Holding a acquis 85% du joaillier italien détenu précédemment par le fonds d’investissement Clessidra et par la famille Buccellati, ont annoncé ces différents acteurs dans un communiqué commun.

Les 15% restants demeurent aux mains de Clessidra et de la famille fondatrice de la marque, qui conserve également un rôle managérial. L’opération valorise la totalité de la société à 230 millions d’euros.

Le fondateur et président de Gangtai Group, Xu Jiangang, à souligné que l’objectif de Gangtai, qui est coté à la Bourse de Shanghai, était « d’améliorer la présence internationale » de Buccellati, notamment sur de nouveaux marchés comme l’Asie, grâce à un plan d’investissement de 200 millions d’euros sur cinq ans. Un total de 88 nouveaux magasins monomarques seront notamment ouverts.

La joaillerie italienne n’en finit pas de susciter les convoitises :

Bulgari a été racheté par LVMH en 2011 pour 3,7 milliards d’euros tandis que Pomellato est tombé deux ans plus tard dans l’escarcelle de Kering.

The Marquise

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