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Comprendre le Marché atypique du Diamant

Le marché du diamant est d’une stabilité à toute épreuve ! Les risques d’effondrement du marché (ou de bulle) sont donc extrêmement limités et ce, pour plusieurs raisons qui relèvent tout à la fois de sa genèse et de ses traditions fortement ancrées. Sa stabilité tient tout aussi bien de son indépendance, de son autarcie et surtout d’un système de régulation des prix imparable.

Dès sa naissance, l’empire du diamant se développe comme une organisation qui s’autorégule et se protège. A son origine, la De Beers, société historique fondée en 1880 qui détient près 95% de la production mondiale des diamants, est déjà bien verrouillée.

C’est le fondateur de la De Beers, Cecil Rhodes, qui a mis au point une stratégie du robinet et qui assure une stabilité des cours. Le principe consiste à créer la demande en contrôlant l’écoulement des diamants. Trop de production : on ferme des mines où l’on stocke les diamants en attendant de les sortir de leur réserve. Pas assez de demande : on ressort les diamants de leur réserve pour stimuler la demande. Ce système permet d’assurer une stabilité des prix mais aussi de maintenir leurs niveaux élevés !

Dans les années 30, Ernest Oppenheimer qui succède à Cecil Rhode, fonde la DTC (Diamond Trading Company) dont la vocation est de centraliser le marché du diamant brut. Aujourd’hui, la DTC occupe 40% du négoce du diamant brut. Les autres pierres passent par le marché hors DTC ou dit « outside », qui se répartit entre 6 autres acteurs tels que Petra Diamonds ou Harry Winston.

Dix fois par an, des « sights » (des vues) sont organisées réunissant à peu près 200 diamantaires de confiance (sightholders) à qui la DTC remet un lot de diamants bruts pour un prix qu’elle fixe, non négociable, et qu’il serait quasi impossible de refuser. Les sightholders sous contrat pendant 3 ans sont aussi sous contrôle, ils n’ont pas le droit d’avoir d’autres fournisseurs, ni même de spéculer. Ce fonctionnement autarcique et de traditions solidement ancrées du monde du diamant assurent donc sa stabilité.

Parallèlement, le marché du diamant a toujours tout fait pour se tenir à l’écart de tentatives possibles de manipulation extérieure. C’est pourquoi il possède ses propres lois, ses propres bourses, ses propres banques, laboratoires, et même ses propres instances pour régler les litiges entre les diamantaires… Il est donc complètement indépendant des Etats, de même qu’il n’est pas soumis à la loi de “la Finance mondiale”.

De même que le cours du diamant, établi en fonction des stocks réels, de la production de diamants, est géré par les professionnels du milieu et non par une autorité financière extérieure.

Signe de bonne santé : le premier sight de la De Beers début 2017, a dépassé toutes les attentes et s’est élevé à pas moins de 720 millions de dollars (faisant suite à un dernier cycle commercial de 2016 de 418 millions de dollars). Le minier a d’ailleurs décidé, pour mieux prendre en compte les besoins des petits détaillants et négociants, de s’essayer aux contrats à terme à prix fixes au sein de sa division d’enchères…

The Marquise

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