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FEMMES RÉALISATRICES : ÉVOLUTION sans RÉVOLUTION

Les chiffres sont là : Il y a à peine 25% de réalisatrices en France. Et – de 10% à Hollywood… Les industriels du cinéma seraient encore très nombreux à estimer qu’elles sont moins «bankables» que les hommes.

Pourtant, le cinéma féminin fait régulièrement la une des magazines, quand triomphe par exemple en France, au milieu des années 1980, Trois hommes et un couffin, de Coline Serreau et Sans toit ni loi, d’Agnès Varda, ou, en 2000, quand Vénus beauté (institut), de Tonie Marshall, remporte quatre César. On cherche alors une définition « essentialiste ». Les réalisatrices échappent rarement à une interrogation sur leur condition de femme dans le travail, la spécificité de leur écriture, leur position vis-à-vis du féminisme, etc.

L’Institut de Sundance et l’organisation Women in Film vient de publier les résultats d’une étude portant sur la place des femmes dans le cinéma et dans la réalisation des films. Le site Variety, qui relaie l’étude, explique notamment que ces dernières ont plus de chances de réaliser un film si elles le font de manière indépendante, loin des studios.

Le cinéma n’est pas le milieu le plus sexiste, même si l’égalité salariale est loin d’être atteinte. Une telle se souvient pourtant d’une critique particulièrement virulente où elle était traitée d’hystérique. Une autre se rappelle de l’attitude d’un chef opérateur particulièrement méprisant qui dénonçait son « inconstance.

Cate Blanchett avait raison quand, son Oscar pour Blue Jasmine en main, elle dénonçait la pauvreté de projets pour les actrices.  Mais n’assiste-t-on pas, aujourd’hui, à une évolution positive dans le cinéma grand public ? Tout dépend où l’on regarde.  En dépit des pressions, les hésitations de Marvel, roi du box-office, pour développer une franchise de superhéroïnes reflètent le discours de bien des décideurs : au prétexte qu’Hollywood a investi avec succès dans une politique de suites et de reboots, basée sur des films avec des personnages masculins, les studios s’en contentent largement. Du moment que ça rapporte…

En France, Le CNC a dévoilé en février dernier les résultats d’une étude qui s’intéresse à “l’évolution de la place des femmes dans les secteurs du cinéma et de l’audiovisuel” français, entre 2006 et 2015. Elle montre une évolution générale en faveur de la parité, bien que les inégalités soient toujours de mise, notamment concernant la représentation des femmes dans les métiers de cinéma ou du niveau des salaires. Cette étude a été menée en parallèle par le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée) et par Asiens, groupe de protection sociale spécialisée dans la culture et les médias. Et signe de réjouissance pour l’étude, la confirmation que les réalisatrices vont être de plus en plus présentes dans les années à venir.

L’enjeu va donc au-delà de la parité nécessaire entre réalisateurs et réalisatrices. Il s’agit de sortir l’imaginaire collectif véhiculé par le cinéma des stéréotypes sexistes. Une vigilance est nécessaire de la part de chacun pour lutter contre les clichés. Plus les femmes réaliseront de films, plus la création féminine sera valorisée et plus l’image de la femme sera conforme à la réalité. Finis les questions et les débats parfois stériles. Le cinéma doit être, à l’écran, le moteur du changement.

The Marquise

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