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La Nuisette : Plus qu’une seule nuit !

Également appelée Baby Doll elle est, dans les années 50, fortement associée aux pin-up. Ce sont des vêtements de séduction à part entière destinés à mettre en valeur la silhouette féminine avec des décolletés ravissants, des jeux de transparence, des volants, des frous-frous, des rubans…laissant deviner le charme des formes féminines, et en inspirant la glam’ attitude.

Aujourd’hui, la nuisette fait partie des collections de lingerie fine mais se trouve aussi dans tous les rayons de lingerie pour femme. C’est un véritable atout de charme et de séduction !

Avant 1920, le vêtement nocturne, si pudique, et même cousu au bas de l’entrejambe d’où l’invention de la culotte longue qui se porte sous les jupons le jour par les bourgeois et les nobles. A cette époque, la chemise de nuit reste de rigueur aussi bien chez les hommes que chez les femmes respectables…

Après 1920, avec l’introduction en Grande-Bretagne du pyjama qui tire son nom de l’hindi “pajama”, un vêtement de nuit originaire de l’Inde en deux pièces, une veste et un pantalon, les mœurs changent. Les hommes l’adoptent tout de suite, laissant la chemise de nuit aux femmes qui l’associent à un long vêtement d’intérieur noué à la taille, à manches non ajustées.

On associe la création de la nuisette ni aux années folles, ni à la libération des mœurs et du désir féminin d’après 68. Et contrairement à la plupart des révolutions vestimentaires depuis Coco Chanel qui avait exempté la femme du corset, elle n’est pas française, mais américaine!

L’auteur s’appelle Sylvia Pedlar, une styliste New Yorkaise née en 1901 qui lance en 1929 sa marque Iris Lingerie. En attendant,  malgré la Grande Dépression, les affaires vont bien. Iris lingerie doit son succès à la grande qualité de ses modèles, qui entendent rivaliser avec les marques françaises de luxe, et leurs fanfreluches cousues à la main. Mais en 1941, les États-Unis entrent en guerre. Aussitôt, l’effort de guerre est imposé à la population civile, à commencer par le rationnement, et pas seulement alimentaire.

Sylvia Pedlar n’y échappe pas. Dès 1942, ses ateliers ont un problème d’approvisionnement. Ils ne reçoivent plus assez de tissu pour confectionner ses modèles. Alors elle innove….

La créatrice dessine un modèle qui demande presque moitié moins de matière. Un vêtement raccourci, au dessus du genou, jusqu’à mi-cuisse ; et les bras nus. Cette nouveauté qu’elle baptise « nightgown » va connaitre la gloire après la guerre. En 1956, l’actrice Caroll Baker trouble les spectateurs (et les spectatrices) en déambulant en nuisette dans le film Baby Doll. Le bout de tissu devient un accessoire de séduction des pin-ups, au côté des bas nylon et du porte-jarretelle,  l’un n’empêchant pas l’autre.

Contrairement au string, c’est la pénurie qui a fait la nuisette !

Dans les années 60 et 70, la Baby Doll change souvent de registre en se raccourcissant. La nuisette s’ouvre sur le devant, s’accompagne d’un dessus en voile, un déshabillé appelé peignoir…. Mais la révolution des valeurs féminines en 68 freine les ventes. L’attrait des femmes pour la nuisette, toujours aussi prisée des hommes, devient plus restrictif et c’est un retour en force vers le pyjama plus que jamais tendance.

Aujourd’hui, ce (satané) pyjama se partage la garde-robe féminine avec la chemise de nuit et la nuisette de charme.

The Marquise

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