L'écrin à bijoux de la culture et du Luxe

Le Luxe, une affaire Indienne

 

Le luxe fait partie de l’ADN de l’Inde. Il suffit pour s’en rappeler de remonter à l’époque des Maharajahs, des Rajputs du Rajasthan ou encore des Nizams d’Hyderabad, qui n’hésitaient pas à remplir leurs somptueux palais d’œuvres d’art.

Certaines grandes maisons de couture comme Emmanuel Ungaro ou Pierre Cardin ne s’y sont pas trompées. Elles n’ont pas hésité à s’y aventurer dès la fin des années 1960, attirées par le savoir-faire des tisseurs de coton et de soie pour produire des pièces absolument uniques! Il n’est pas de joaillers et de créateurs de bijoux qui ne se rendent régulièrement à Jaïpur en quête tant de pierres précieuses que du savoir-faire des artisans…

Leur décadence et leur goût pour les belles choses les amènent à dépenser des sommes extraordinaires pour remplir leurs palais d’objets d’art. Cette extravagance se reflète dans la société indienne, où tout ce qui brille et tout ce qui est « branded » est indispensable à toute personne qui veut plaire ou s’embellir. Au point que dorénavant, ce sont les masses qui règnent sur le marché du luxe… ou plutôt ce qui y ressemble.

Avec le boom de l’économie indienne, l’émergence des « nouveaux riches » millionnaires et milliardaires et la circulation facile de « black money » (argent non-déclaré), le marché du luxe a trouvé une opportunité en or pour gagner de nouveaux clients.  Le profil du consommateur de luxe indien est en train de changer. Aujourd’hui les grandes fortunes traditionnelles sont dominantes, mais dans une dizaine d’années, les jeunes professionnels, les premières générations d’entrepreneurs seront aussi d’importants consommateurs de luxe !

Aujourd’hui, les familles disposent encore de leur bijoutier personnel, qui conçoit colliers ou boucles d’oreilles à la demande. Dans leurs boutiques, le cours des matériaux précieux, or ou argent, s’affiche en permanence. Si bien que lorsqu’un Indien veut acheter un bijou dans une grande maison de luxe, il le regarde sous toutes les coutures, le soupèse et souvent ne comprend pas comment son prix se justifie, racontait un représentant de Cartier. Un contexte difficile qui explique en partie pourquoi le numéro un mondial de la joaillerie n’a pas de boutique à son enseigne, et se contente de vendre des montres, des lunettes et du parfum…

L’Inde, au contraire de la Chine, a toujours mis l’éducation au coeur de ses valeurs. La place de la spiritualité également y est essentielle. C’est en s’appuyant sur cet héritage culturel, à l’origine d’un artisanat très riche dans le textile, les bijoux ou le travail du cuir, que le Comité Colbert a mis au point une stratégie pour épauler ceux de ses adhérents qui veulent s’installer dans le pays.

Comme toujours, il faut savoir s’adapter. Dans quelques années, des marques indiennes de luxe seront au même niveau que les marques européennes. Il faut s’adapter. D’ailleurs, de nombreuses marques italiennes comme Gucci ou Versace se sont déjà rapprochées de designers indiens et cartonnent…

The Marquise

 

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