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Le numérique et les Institutions culturelles

À l’égard du numérique, le monde de l’art oscille entre volonté de démocratisation, utilisation mercantile et prise de hauteur philosophique et technique. Aussi, les dernières innovations type Big Data, Cloud Computing ou encore impression 3D augurent de nouvelles révolutions et bouleversements pour le monde de l’art.

Le progrès numérique a été accueilli de manière presque messianique. Considéré comme le vecteur d’une nouvelle forme de citoyenneté et de partage, d’une nouvelle diffusion de l’information réellement grand public, la révolution numérique à profondément changé notre rapport au réel.

Les institutions culturelles font d’immenses efforts afin d’assurer leur transition à l’ère numérique. Les progrès effectués semblent cependant revêtir une forme de paradoxe : ils sont à la fois immenses et infimes. De fait, près de 80 % des musées français ont une identité virtuelle (site Internet et présence sur les réseaux sociaux), mais seulement 5 à 10 % de ces institutions proposent une médiation utilisant un média numérique. A noter que depuis 2014, les nouveaux systèmes de géolocalisation permettant aux applications d’adapter leur contenu en fonction de l’emplacement du visiteur se sont grandement propagés.

Ainsi, les grandes institutions, à l’instar du MoMA (Museum of Modern Art de New York), peuvent proposer aujourd’hui une très grande variété de services fondés sur des innovations techniques, dans la mesure où ils ont des moyens de mener à bien de tels projets. Il n’est plus rare de voir dans les musées des « community managers », en charge du développement d’une politique de communication rationnelle sur les réseaux sociaux. Cependant, l’audience, l’impact et la fonction véritables de ces politiques demeurent flous.

Face à cette difficulté de faire connaître précisément les institutions, les projets transversaux apparaissent comme une opportunité intéressante. Évidemment, Google Art Project fait figure de leader dans ce domaine. La plate-forme de Google propose aujourd’hui plus de 70 000 œuvres en haute définition issues de près de 230 musées – dont le château de Versailles, l’incontournable MoMA, le Metropolitan Museum, la National Gallery et la Galerie des Offices de Florence notamment. La progression de Google Art Project semble exponentielle, puisque le site ne proposait que 1.000 œuvres en 2011 !

Les sites de ce type offrent à l’art une visibilité beaucoup plus conséquente, et les musées l’ont bien compris. D’abord réticents à l’idée, ils ouvrent aujourd’hui leurs portes à Google afin que soit numérisée leurs collections et pour permettre à n’importe quel individu dans le monde d’en profiter et pourquoi pas de s’émerveiller …

In fine, c’est réellement à partir de 2004 avec l’apparition du Web 2.0, le « web social » modelé par les concepts d’interactivité, de facilitation du contenu et de collaboration que le monde de l’art est entré dans l’ère numérique.

En une dizaine d’années, les musées ont donc fortement changé. Aujourd’hui, le digital est (presque) partout dans les musées, il accompagne les visiteurs au fil de leur visite. Quand on parle d’exposition de nos jours, on est loin de la vision de tableaux disposés les uns à côté des autres dans un musée poussiéreux : les visites d’expositions sont interactives, vivantes, dynamiques…

The Marquise

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