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MAMAC : A la découverte du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice

 

Le musée d’Art moderne et d’Art contemporain de Nice a été inauguré au solstice d’été il y a maintenant 27 ans. D’ordinaire, la conduite d’un tel projet nécessite une dizaine d’années. Ici, seulement cinq ans s’écouleront entre les décisions et l’inauguration du musée…

A l’origine plusieurs projets cohérents pour la création d’un tel musée apparaissent à Nice dans la seconde moitié de ce siècle. Le premier était lié à la restructuration de la Galerie des Ponchettes, projet soutenu par Henri Matisse et Pierre Bonnard, première préfiguration du musée d’art moderne de Nice. La seconde hypothèse qui voit le jour, consistait à construire une aile moderne implantée dans le Jardin du Musée Masséna. Mais ce projet est abandonné pour réaliser un parking…

En 1985, l’exposition « Autour de Nice » à Acropolis présentant un premier rassemblement d’oeuvres des Nouveaux Réalistes, de l’Ecole de Nice et de Support/Surfaces notamment, va accréditer la nécessaire implantation d’un musée d’art Moderne et d’art contemporain à Nice.

La même année, une convention signée avec l’Etat prévoit la mise en œuvre sur cinq ans d’un programme ambitieux d’achats d’œuvres d’art. L’aide financière de l’Etat apportée à la ville dans sa dynamique d’acquisitions, enclenchera le processus de classement de la future institution sous le label « musée contrôlé par l’Etat ».

Dès 1987, un accord est signé entre la Ville de Nice et l’Etat pour le financement du projet architectural.

Depuis sont ouverture en 90, les collections du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain suivent l’histoire des avant-gardes françaises et américaines depuis les années 60. Elles manifestent le rôle privilégié qu’a joué Nice dans ces mouvements novateurs.

Les Nouveaux Réalistes dont Arman, Yves Klein et Martial Raysse forment la composante niçoise, figurent légitimement en bonne place. Tous les artistes sont représentés par un minimum de deux œuvres exécutées à des époques différentes. Le prêt Yves Klein a permis la création d’une salle Klein et la réalisation sur les terrasses d’une œuvre d’édition : « Mur de feu ».

L’Internationale Fluxus est plus particulièrement abordée sous l’angle niçois avec Ben, Serge III, Filliou.

En regard de l’École de Nice a été constituée une collection de Pop Art américain. Un fonds marque l’abstraction américaine des années 60 : Louis, Olitski, Poons, Noland, Stella. Aux Minimalistes américains répondent les Supports et le groupe 70, deux mouvements qui ont de fortes attaches niçoises.

Mais la vitalité de l’École de Nice déborde le cadre des mouvements constitués et s’exprime à travers de fortes individualités comme Ben, Chubac, Farhi, Flexner, Gilli, Malaval, Pagès, Pinoncelli, Rottier, Serge III, Sosno, Venet, Verdet et plus tard, Angel, Mas, Pedinielli… La collection tient compte du retour à la figuration au début des années 80 et de l’émergence de nouvelles figures sur la scène locale.

Depuis 2001, l’importante donation de Niki de Saint Phalle à la Ville de Nice a encore rajouté de l’intérêt à ce musée, dont l’architecture originale, due aux architectes Yves Bayard et Henri Vidal s’inspire à la fois de la planification urbanistique sarde et de l’utopie exotique de la belle époque. Quatre tours aveugles, de 30 mètres de haut sur 20 de côté, reliées par des passerelles vitrées permettent de distribuer des espaces d’exposition sur trois niveaux totalisant environ 4000 m2.

En terme d’actualité et après le succès des événements « Nice 2013. Un été pour Matisse » et « Nice 2015. Promenade(S) des Anglais », la Ville de Nice propose une programmation estivale de quatre expositions présentées sous le titre générique de « Nice 2017.École(S) de Nice » à l’occasion du 70e anniversaire de la création symbolique de « l’École de Nice » et du 40e anniversaire de l’exposition fondatrice « À propos de Nice » au Centre Pompidou, Paris au moment de son ouverture, en 1977.

Ce passionnant programme rassemble des œuvres (peintures, sculptures, installations, collages, photographies, documents d’archives…) issues des collections des musées et institutions municipales auxquelles s’ajoutent les prêts exceptionnels consentis par une centaine de musées, d’institutions, parmi les plus prestigieux, et de collectionneurs particuliers de France et d’Europe.

The Marquise

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