L'écrin à bijoux de la culture et du Luxe

Sofia Coppola is So french !

 

Le dimanche 28 mai dernier, la réalisatrice américaine Sofia Coppola a reçu le prix de la mise en scène pour « Les Proies » à l’issue du Festival de Cannes. Elle devient ainsi la deuxième femme de l’histoire de la Croisette à recevoir cette distinction.

Au pays de la pellicule, Sofia Coppola est plutôt bien née. À quelques mois, elle est baptisée face caméra dans Le Parrain et fait ses premiers châteaux de sable sur le tournage d’Apocalypse Now. Fille de Francis Ford, petite fille de Carmine, cousine de Nicolas Cage, elle subit des critiques assides envers son parachutage de jeune actrice sur les génériques familiaux, avant de s’envoler auprès de Karl Lagarfeld, la haute couture et la photographie.

A quinze ans donc, et moins ciné­phile que fashio­nista, elle rentre en stage chez Chanel, à Paris. Rue Cambon, Sofia est prépo­sée aux cafés et aux photo­co­pies, mais comme elle le dira plus tard: « J’ai beau­coup appris en obser­vant Karl Lager­feld et Gilles Dufour. » Quoi préci­sé­ment? Un sens du parti pris, une exigence pour la belle facture, une préfé­rence pour l’allure plutôt que les effets spéciaux, autant de leçons qui influen­ce­ront sa façon de s’habiller (robes noires, chemises blanches ou bleues, chaus­sures plates) comme sa manière de filmer (goût pour la photo­gra­phie de l’image, problé­ma­tiques exis­ten­tielles, intrigues impré­gnées de mélan­co­lie).

Mais à 30 ans, elle dépose enfin sa légitimité avec un premier long métrage, Virgin Suicides, qui la hisse au rang des jeunes cinéastes qui comptent !

La fille de Fran­cis Ford Coppola n’a pas la pompe de se procla­mer artiste, elle se consi­dère plutôt comme une arti­sane. Au savoir-paraître terri­ble­ment holly­woo­dien, nour­rie par une lecture inten­sive du Vogue français qu’elle se faisait livrer dans la Napa Valley de son adoles­cence, elle préfère le savoir-faire que l’on quali­fiera, certes avec préten­tion, de terri­ble­ment « fren­chy ».

Proche du styliste Marc Jacobs, depuis qu’il l’a choi­sie pour incar­ner un de ses parfums en 2002, Sofia a, grâce à lui, rejoint le groupe Louis Vuit­ton pour lequel elle dessine épiso­dique­ment des sacs depuis 2009.

Outre Natha­lie Port­man qu’elle a filmée à deux reprises pour le parfum Miss Dior Chérie, Miss Coppola a égale­ment mis en scène le ténor Roberto Alagna dans l’opéra Manon Lescaut de Puccini, à Mont­pel­lier. Un projet paral­lèle qui témoigne de sa volonté de ne pas suivre les sentiers, certes pavés d’or mais ô combien battus, d’Holly­wood.

Une manière aussi de répondre à François Truffaud un de ses réali­sa­teurs fétiches, qui disait: « Le bonheur est la chose la plus simple, mais beau­coup s’échinent à la trans­for­mer en travaux forcés! »

Sofia Coppola ne serait donc esclave de rien, sinon de son bon goût à la française.

The Marquise

 

Partager cet article

Next Post

Previous Post

Leave a Reply

© 2017 Marquise & The Moon

Theme by Anders Norén