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Wonder Woman, phénomène de société et déesse de la pop culture

Wonder Woman est, par essence, un personnage à part dans l’univers de DC. Seule femme de la Trinité (aux côtés de Batman et Superman), elle n’est pas née dans les méandres du cerveau d’un scénariste, mais dans ceux de William Moulton Marston, un psychologue particulièrement intéressé par les femmes.

Dans ses écrits, Marston a théorisé de nombreuses idées sur les relations lesbiennes, sur l’avènement du matriarcat, sur le sexe, sur le bondage et sur les comics ! D’ailleurs, il vivait lui-même avec deux femmes dans une relation polyamoureuse. Pour lui, ces thèmes étaient de parfaits moyens pour exposer ses idées au grand public. C’est ainsi qu’il imagine le personnage de Suprema, l’amazone connue à partir de 1941 sous le nom de Wonder Woman.

À l’époque, les femmes et les jeunes filles sont de ferventes lectrices de comics et elles adoptent immédiatement Wonder Woman et ses aventures illustrées par Harry G. Peter. Marston s’inspire grandement du mouvement des suffragettes et du contexte historique de la Seconde Guerre mondiale, moment où les femmes prennent une place primordiale dans la société et participent à l’effort collectif….

En 1947, le père de Diana Prince (son nom sur terre) décède. DC Comics décide alors d’embaucher Robert Kaniger comme auteur. Le personnage évolue drastiquement : elle devient tour à tour babysitter, propriétaire d’une boutique de mode, mannequin, secrétaire pour les grands justiciers américains ou vedette de cinéma.

En 1975, pour la première fois, une série télévisée est consacrée à Wonder Woman. Une révolution qui se produit conjointement au mouvement d’émancipation de la femme aux Etats-Unis. Cette adaptation passionne les téléspectateurs pendant 60 épisodes. Rayonnante, glamour, badass, les qualificatifs peuvent pleuvoir pour qualifier la Wonder Woman du petit écran, qui renoue avec le personnage des premières années. Lorsqu’elle ne travaille pas pour l’armée, elle n’hésite pas à mettre à mal ses ennemis en se servant de ses pouvoirs ou de son lasso magique.

Parallèlement le personnage retrouve aussi sa gloire dans les comics et devient soudainement une icône de la communauté LGBT… Le design du personnage ? Son costume très coloré ? Sa sexualité (rare) ? différentes théories s’affrontent chez les sociologues.

l’héroine est cependant devenue un personnage unique dans l’univers de la pop culture. Elle a réussi là où aucune autre avant et après elle n’a réussi, atteignant une longévité et un succès exceptionnel pour un héros de comics 100% féminin. En 76 ans, ce personnage fort a évolué et acquis une importance toute particulière dans le cœur de nombreux fans de comics.

Et dans le film? Les studios se penchent depuis 2005 sur un film consacré à l’héroïne. Douze ans après, le film voit enfin le jour, alors que des films sur Batman et Superman existent depuis les années 1980 !!

Le charme de ce divertissement moins sombre que les précédents films de la franchise DC, plein d’humour et de respirations, tient au charisme de l’interprète, Gal Gadot filmée comme une désirable icône humaniste, plutôt que comme un objet sexuel.

Le féminisme tiens essentiellement dans l’oeil de la réalisatrice, attachée à construire un personnage aussi solide que séduisant. Peu importe, dès lors, que le message pacifiste soit presque aussi naïf que l’héroïne à ses débuts, que les personnages secondaires (y compris les méchants) ne servent pas à grand chose, ou que le film soit trop long d’environ trois explosions et deux bagarres…

The Marquise

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